Un enseignement déshumanisé… vraiment? | Le Devoir

L’enseignement « derrière un écran » est-il calamiteux, comme semble l’affirmer Patrick Moreau (Le Devoir, 7 juin) ? Mon expérience d’enseignement à distance depuis un an ainsi que la rétroaction obtenue de mes étudiants me permettent d’en douter.

Mettons-nous d’accord sur un point : oui, par l’autonomie et la motivation qu’il exige, l’enseignement à distance ne convient pas à tous. Mais tant qu’une offre globale (en présence, hybride ou à distance) est disponible, où est le mal ? Plusieurs étudiants, dont certains affirment qu’ils étaient au départ peu enthousiastes à l’idée d’étudier à distance, ont eu des commentaires dithyrambiques sur leur cours. De toute évidence, avec le matériel spécialement conçu pour un apprentissage autonome, avec la rétroaction individuelle au moyen de tests de compréhension, avec ses activités en petits groupes et en plénière, cette pédagogie a été grandement appréciée.

Non, ce mode d’enseignement technicisé ne manque pas de souplesse et il est tout sauf déshumanisé. En fait, chose étrange et intéressante, les rapports humains médiatisés par l’écran peuvent être aussi, sinon plus personnels. Interpeller directement un étudiant n’entraîne pas ce malaise qui est courant en salle de classe. Les étudiants entrent plus volontiers dans le jeu.

Mon objectif est de permettre aux étudiants de mieux comprendre le monde qui les entoure, de les outiller pour analyser plus finement les enjeux contemporains ; bref, pour en faire des citoyens éveillés. Et, oui, certains nous disent qu’ils en sortent transformés ; qu’ils n’avaient jamais été sensibilisés à certaines réalités, qu’ils vont voir le monde autrement.

Mieux que d’avoir simplement « livré une marchandise », je crois bien humblement avoir contribué à l’éveil de jeunes citoyens.

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