The Weeknd domine le 50e gala des prix JUNO

La pop star torontoise The Weeknd émerge de ce week-end anniversaire du gala des prix JUNO avec pas moins de cinq trophées, dont ceux de l’Album de l’année pour After Hours et Artiste de l’année, tous deux remis dimanche soir lors d’une 50e cérémonie télédiffusée en l’absence de public pour les raisons que l’on devine. Le JUNO de l’Album pop de l’année est revenu à Justin Bieber qui, avec Jessie Reyez et The Tragically Hip — accompagné par Feist ! — a offert une des huit performances préenregistrées de la soirée. Louis-Jean Cormier et Kaytranada ont aussi remporté un trophée.

Chapeautant l’événement, la Canadian Academy of Recording Arts and Sciences (CARAS) aurait assurément souhaité de plus fastes célébrations pour le 50e anniversaire de la cérémonie qui, lors de sa première édition en 1970, portait le nom de Gold Leaf Awards — ce n’est que l’année suivante que le gala fut rebaptisé en honneur du Montréalais Pierre Juneau, premier président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (1968).

Ainsi, au lieu d’une grande foule réunie au SaskTel Centre de Saskatoon, où devait se tenir la 49e édition le 15 mars 2020, la CARAS a concocté une édition décentralisée et largement préenregistrée, mais tout de même mieux ficelée que l’édition virtuelle de rechange présentée l’an dernier, avec l’apparition de figures marquantes de la musique canadienne (Rush, Sarah McLachlan, Buffy Sainte-Marie, Shania Twain, Gordon Lightfoot) évoquant leurs souvenirs des JUNO.

Pour Abel Tesfaye (The Weeknd), cette reconnaissance arrive au bout d’un cycle créatif annoncé par la sortie, en plein premier confinement, de l’album After Hours. Ces prix récoltés dimanche soir s’ajoutent aux trois recueillis lors de la soirée d’ouverture des prix JUNO 2021 vendredi dernier : Single de l’année (pour la bombe Blinding Lights), Compositeur de l’année (prix partagé avec Belly et Jason « DaHeala » Quenneville) et Enregistrement R & B contemporain de l’année (After Hours).

Ainsi, la majorité des quelque quarante prix ont été distribués durant la soirée d’ouverture retransmise sur le web vendredi dernier. Louis-Jean Cormier a reçu celui de l’Album francophone de l’année pour Quand la nuit tombe, devant Les Cowboys Fringants, 2Frères, Pierre Lapointe et Klô Pelgag, à qui l’organisation avait pour l’occasion demandé d’enregistrer une performance (elle a choisi de présenter la chanson Mélamine, captée au Café Cléopâtre). Ses collaborateurs Florence Obrecht et Marc-André Mongrain, sous la direction artistique de David Beauchemin, ont été récompensés du JUNO de la Pochette de l’année pour Notre-Dame-des-Sept-Douleurs.

La 50e cérémonie des prix JUNO a aussi fait écho à l’exploit du compositeur québécois Kaytranada : presque trois mois après avoir remporté deux prix Grammy à Los Angeles (Meilleur enregistrement dance/électronique pour la chanson 10 %, Meilleur album dance/électronique pour Bubba), il s’est vu décerner vendredi dernier le JUNO de l’Enregistrement dance de l’année, toujours pour l’album Bubba.

La catégorie de l’Enregistrement reggae de l’année a également causé la surprise : pour une rare fois, une femme, Töme, d’origine montréalaise de surcroît, supplantait les Blessed et Dubmatix attendus grâce à sa chanson I Pray, en duo avec Sean Kingston. Autres victoires notables : Arkells, Groupe de l’année ; July Talk, Album alternatif de l’année (pour Pray for it) ; TOBi, Enregistrement rap de l’année (pour Elements Vol.1), Caribou, Album électronique de l’année (pour Suddenly) et Alanis Morissette, Album adulte contemporain de l’année (Such Pretty Forks in the Road). Originaire de la nation Déné et basée à Yellowknife, l’autrice-compositrice-interprète folk Leela Gilday fut récompensée duJUNO de l’Artiste autochtone del’année, à la faveur de son album North Star Calling.

Dans un autre rehistre, l’Orchestre symphonique de Montréal, sous la direction de Kent Nagano et avec la participation du violoniste soliste Andrew Wan, a remporté le prix de l’Album classique de l’année : Grand ensemble (Ginastera — Bernstein — Moussa : Œuvres pour violon et orchestre) et le compositeur d’origine montréalaise Samy Moussa celui de la Composition classique de l’année (Adrano, concerto pour violon). Les amateurs de galas, une forme télévisuelle ayant encaissé ici et ailleurs d’importantes chutes d’audience durant la pandémie, noteront que le 19 juin prochain sera diffusé sur la chaîne Unis TV le Gala Trille Or, célébrant la richesse de la musique franco-canadienne, avec une dizaine prix décernés en direct depuis Ottawa, dès 20h.

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