Ouvrir ses portes aux personnes présentant une déficience intellectuelle

Du 1er au 7 juin se déroulait la semaine québécoise des personnes handicapées. Dans ce contexte, des questions ont été soulevées sur la place des personnes présentant une déficience intellectuelle (DI) dans un projet régional de maison des aînés. Alors que le Québec évolue dans le sens d’une société plurielle nourrie de paroles citoyennes multiples, les défis persistent pour rejoindre les visées de la Politique ministérielle de 2009. À part entière : pour un véritable exercice du droit à l’égalité des personnes handicapées, et ce, notamment en matière de continuum résidentiel. Bien que l’on puisse être fier du chemin parcouru, beaucoup reste à faire pour offrir des solutions résidentielles adaptées aux personnes en situation de handicap, en particulier celles présentant une déficience intellectuelle.

Le dossier des maisons des aînés et maisons alternatives (MDA-MA) est guidé par une mission, des valeurs et un plan clinique basé sur l’article 83 de la LSSS s’adressant aux adultes qui, en raison de leur perte d’autonomie fonctionnelle ou psychosociale, ne peuvent plus demeurer dans leur milieu de vie naturel, malgré le soutien de leur entourage.

Soulignons que le 3 juin dernier, le ministère de la Santé et des Services sociaux a lancé « Pour une intégration des soins et des services pour les personnes ayant une déficience – Gamme de services pour les personnes ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme ». Ce document d’orientation rappelle que le diagnostic ne doit pas déterminer le recours à un programme-services du réseau. C’est plutôt le profil de besoins lié à un problème qui doit orienter la personne vers le bon service. Les connaissances et pratiques développées à travers les années, stimulées par les représentations que les personnes, les familles et leurs proches n’ont cessé de faire, ont contribué à ce que le soutien aux personnes présentant une déficience intellectuelle puisse être abordé selon une perspective de développement de milieux inclusifs et de participation sociale plutôt que de prise en charge basée sur un diagnostic.

Une recherche récente montre que, de façon générale, les attitudes des Québécois envers les personnes présentant une déficience intellectuelle sont relativement positives, en comparaison avec les résultats des études antérieures. Par ailleurs, la population éprouve des sentiments qui mettent l’accent sur les vulnérabilités des personnes présentant une déficience intellectuelle plutôt que sur leurs capacités. Certaines attitudes chez la population peuvent être modifiées par des actions permettant d’améliorer la qualité des contacts avec les personnes*. À la rencontre de personnes présentant des différences, nous contribuons tous de manière proactive à soutenir l’atteinte des objectifs individuels et sociaux. Le grand public, face au défi du vieillissement de la population, doit aussi être sensibilisé à l’importance du vivre-ensemble avec les adultes présentant une déficience intellectuelle.

Au terme de la Semaine québécoise des personnes handicapées, développons ensemble, d’ouest en est et du nord au sud du Québec, des maisons ouvertes, novatrices et inclusives au regard de toute personne présentant une DI, de sa famille et de ses proches. Voyons à ce que les gestes et les paroles qui pénètrent la sphère publique contribuent à faire une différence positive en matière de normes sociales et d’accès à des milieux de vie inclusifs au sein desquels les personnes peuvent tisser un quotidien de qualité.


*Morin, D., Rivard, M., Crocker, A.G., Parent-Boursier, C., & Caron, J. (2013). Public attitudes toward intellectual disability: a multidimensional perspective. Journal of Intellectual Disability Research, 57 (3), 279-292.

Martin Caouette, Ph. D. ps.ed., titulaire de la chaire Autodétermination et handicap et professeur au Département de psychoéducation, UQTR

Jacinthe Cloutier, erg. M. Sc., directrice du programme Déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme et déficience physique au CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec

Diane Morin, Ph. D., titulaire de la chaire Déficience intellectuelle et troubles du comportement, professeure au Département de psychologie de l’UQAM et directrice scientifique de l’IU DI-TSA.

Renée Proulx, Ph. D., directrice administrative de l’enseignement universitaire, de la recherche et de l’innovation au CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec

Les auteurs sont membres de l’Institut universitaire en déficience intellectuelle et en trouble du spectre de l’autisme (IU DI-TSA) basé au CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec et comptant deux établissements partenaires agissant comme pôles régionaux, soit le CIUSSS de l’Estrie – CHUS et le CISSS de l’Outaouais.

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