Le projet Laurentia ne passe pas le test de l’évaluation environnementale

Le mégaprojet de terminal de conteneurs du Port de Québec ne passe pas le test de l’agence fédérale chargée d’évaluer son impact environnemental. Les dommages qu’il causerait à la qualité de l’air et à certains poissons seraient trop importants.

Dans un rapport de plus de 300 pages, l’Agence conclut que Laurentia est susceptible d’entraîner « des effets environnementaux négatifs, importants, directs et cumulatifs », et ce, « malgré la mise en place de mesure d’atténuation et de suivi ».

Le projet d’agrandissement du port risque notamment de nuire à la qualité de l’air et à la santé humaine, note l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC) dans le document rendu public jeudi.

Sont en cause les émissions issues de la combustion d’énergies fossiles, qui affecteraient, de surcroît, un milieu déjà « saturé », affirme l’organisme.

La zone portuaire est en effet située à l’est du quartier Limoilou, qui est déjà aux prises avec un problème de qualité de l’air, problème qui a d’ailleurs valu au Port d’être poursuivi devant les tribunaux.

L’Agence estime que, si le projet se réalisait, il causerait dans Limoilou — ainsi que dans Maizerets — des dépassements de nickel et d’autres composés dans l’air, comme le dioxyde d’azote. Et ce, durant la phase de construction ainsi que « quelques jours par année » durant l’exploitation.

Ses auteurs concèdent que la contribution du projet lui-même est « limitée ». Mais le secteur est déjà « chargé » en contaminants, une situation que l’AEIC recommande de ne pas aggraver.

Le projet Laurentia consistait en un agrandissement du port de Québec visant à le positionner comme un leader sur le marché mondial du transport des conteneurs. L’administration portuaire souhaitait prolonger la ligne de quai sur 610 mètres dans le fleuve pour exploiter un nouveau terminal en eau profonde.

Son échec face à l’AEIC met un terme à dix ans d’efforts de son p.-d.g., Mario Girard, pour donner un nouveau souffle à la zone portuaire.

La décision finale au Conseil des ministres

Techniquement, la décision d’approuver ou non le projet Laurentia revient maintenant au Conseil des ministres à Ottawa. Étant donné toutefois la teneur du rapport, il est très improbable qu’il obtienne un feu vert.

« Le Conseil des ministres ? tranchera en se basant sur les faits et la science », a réagi le président du Conseil du Trésor et député de Québec, Jean-Yves Duclos en soulignant que « la protection de l’environnement et de la santé des gens » était « au cœur des priorités » de son gouvernement.

Outre ses impacts sur la qualité de l’air, l’AEIC estime qu’il aurait nui à la survie de certains poissons, comme le bar rayé et l’esturgeon. Elle ajoute que les mesures de compensation de l’habitat du poisson suggérées par le Port n’auraient pas l’effet voulu et ne permettraient pas d’assurer la survie du bar rayé, qui fait partie des espèces protégées par la Loi sur les espèces en péril.

L’organisme juge également que les activités de pêche sportive et commerciale subiraient des dommages notables, tout comme les conditions des activités traditionnelles de pêche des Premières Nations. Et ce, en dépit du fait que la nation huronne-wendate soutenait Laurentia et voulait y prendre part.

Le contenu du rapport de l’Agence n’est pas une grande surprise, dans la mesure où un premier rapport très critique avait été rendu public en novembre.

Puisque les ports sont de compétence fédérale, le gouvernement du Québec n’avait pas voix au chapitre dans ce dossier. François Legault avait toutefois donné son appui au projet et même pressé le fédéral de l’autoriser le plus rapidement possible.

D’autres détails suivront.

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