Enfants autochtones disparus : Anne Panasuk conseillera le gouvernement

Le gouvernement a choisi Anne Panasuk pour assister les proches d’enfants autochtones disparus au Québec, phénomène que l’ex-journaliste a largement contribué à documenter ces dernières décennies.

« Je pouvais pas refuser d’avoir les outils finalement pour tenter de trouver les réponses aux questions que les familles posent depuis des décennies », a-t-elle déclaré lors de l’annonce de sa nomination comme conseillère spéciale mardi après-midi à l’Assemblée nationale.

Anthropologue de formation, l’ancienne journaliste a consacré une grande partie de sa carrière à documenter les enjeux autochtones notamment pour l’émission Enquête à Radio-Canada. Depuis sa retraite l’an dernier, elle œuvrait comme formatrice à la société d’État et comme consultante en enquête au Devoir.

Lors d’une brève allocution, Mme Panasuk a tenu à dire d’abord quelques mots dans la langue innue à l’intention des autochtones présents. Plusieurs proches de disparus s’étaient déplacés pour prendre part à cette annonce, dont plusieurs de Pakua Shipu, une communauté innue de la Côte-Nord dont elle avait documenté les disparitions d’enfants dans ses reportages.

« Je suis content de la nomination de Anne pour qu’ils puissent donner une lumière à nos familles », a déclaré, en sanglots, le chef de Pakua Shipu, Guy Mestenapeo dont deux sœurs ont disparu au début des années 1970. « On parle de 12 enfants de Pakua Shipu qui ont disparu sans compter les autres communautés ».

La découverte récemment des corps de 215 enfants près du pensionnat de Kamloops en Colombie-Britannique a ravivé de pénibles souvenirs, a-t-il dit. « Ça m’a vraiment perturbé. »

À eux sept, ils représentaient dix enfants dont on a perdu la trace. Seulement chez les Attikameks, on recense 40 enfants disparus », a souligné Mme Panasuk. « Je pense qu’il y a des enfants qui ont été enterrés sans certificat d’inhumation », a-t-elle aussi mentionné. « Je pense qu’il y a un modus operandi malheureusement. »

Direction de soutien aux familles

La nomination d’Anne Panasuk fait suite à l’adoption de la nouvelle Loi 79 autorisant la communication de renseignements personnels aux familles d’autochtones disparus dans les pensionnats notamment. Le gouvernement s’est notamment engagé à mettre sur pied une Direction de soutien aux familles d’ici au 1er septembre prochain.

Visiblement ravi par cette annonce, le ministre responsable des affaires autochtones, Ian Lafrenière, a dit avoir choisi Mme Panasuk pour lui permettre de terminer « le travail de conscientisation » qu’elle avait fait avec? son enquête journalistique sur les disparitions d’enfants en 2015. « Aujourd’hui, on est dans la phase « action ». On va donner des réponses aux familles ».

Selon la nouvelle conseillère, la Loi va permettre aux familles d’accéder à des archives médicales actuellement verrouillées et de « fouiller dans les archives religieuses ». Il s’agit, a-t-elle dit, de « redonner aux familles une certaine dignité ».

Les questions à poser sont nombreuses, a-t-elle fait valoir : « Est-ce que l’enfant est décédé ? Si oui, de quoi ? Quel traitement a-t-il eu ? Est-ce qu’on l’a bien soigné ? ». Il s’agira enfin de savoir où les disparus ont pu être inhumés et ce qui est advenu de ceux qui ne sont pas décédés mais ont été adoptés.

« Il y a des enfants qui ont été déclarés morts et finalement qui ne l’étaient pas et qu’on a retrouvés dans des foyers. » Le rôle des communautés religieuses dont les Oblats et les façons de faire des hôpitaux pourront en outre être éclaircis, a dit la journaliste.

Ces démarches ne pourront toutefois pas cibler les pensionnats qui sont de juridiction fédérale et ne sont pas couverts par la nouvelle Loi.

Source link

Be the first to comment on "Enfants autochtones disparus : Anne Panasuk conseillera le gouvernement"

Leave a Reply