Dix oeuvres qui nous parlent le mieux de la COVID

«Hygiène sociale»: drôle de distanciation

Trêve de huis clos et d’angoisse, place aux grands espaces et à l’humour décalé. Primé à Berlin, le Denis Côté nouveau est, sans surprise, un film à nul autre pareil. Sur fond champêtre, les subterfuges et esquives d’un bon à rien fin causeur sont successivement mis au jour par une sœur, une épouse, une amoureuse potentielle, une fonctionnaire et une adolescente. Tourné à l’arraché en pleine pandémie, Hygiène sociale fait de la règle de distanciation un procédé formel aussi inusité que drôle. Un brillant « marivaudage hipster », pour reprendre la formule du cinéaste. En salle.

François Lévesque


«A Quiet Place Part II»: retrouver les autres au péril de sa vie

Après le (quasi) huis clos de l’original, A Quiet Place Part II voit les membres survivants de la famille Abbott forcés de quitter leur ferme dévastée. Pour mémoire, des extraterrestres aveugles, mais dotés d’une ouïe surdéveloppée, maraudent. Or, l’aînée du clan étant atteinte de surdité, la langue des signes prévaut. Après le confinement nécessaire à la survie dans le premier film, voici que dans cette suite, les personnages vont à la rencontre d’autres survivants, ce qui n’est pas sans risques. Quitte à surutiliser le mot, difficile de ne pas y voir, oui, une métaphore, cette fois de l’époque — même si, dans les faits, le film fut réalisé en 2019. En salle.

François Lévesque


«Oxygène»: l’enfer c’est soi-même

Ce film d’Alexandre Aja tourné entre la première et la seconde vague de COVID pousse à son paroxysme le concept de huis clos. En effet, l’héroïne s’y réveille en sursaut et constate, horrifiée, qu’elle est enfermée dans une capsule de cryogénie. Avec seulement 33 pour cent d’oxygène en banque, le temps presse pour se sortir de là. Exception faite de quelques bribes de souvenirs, l’action, ou plutôt la tension, demeure confinée à cet espace exigu. Vous avez dit anxiogène ? Pratiquement seule en scène, Mélanie Laurent passe de la terreur à la peine à la pugnacité avec une aisance remarquable. Sur Netflix.

François Lévesque


«Le prix de la victoire»: les voisins d’en-haut

Campé en 2006 durant un bref cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, ce film d’Ahmad Ghossein, lauréat du prix du meilleur film et du prix du public à la Semaine de la critique à Venise, constitue un autre cas de figure où le huis clos prend valeur de métaphore. Pendant qu’un groupe de soldats israéliens occupe l’étage d’une maison, le propriétaire libanais et une poignée de survivants se terrent en silence au rez-de-chaussée. On reste avec ces victimes du sort, et la présence israélienne placée symboliquement au-dessus de leur tête demeure hors champ. Cela, à l’instar des combats, qui pourtant ont une incidence directe sur la vie des personnages. Ingénieux, puissant. En salle.

François Lévesque


«The Father»: dans la tête d’un inconnu

Adapté par Florian Zeller de sa pièce, The Father est l’un des nombreux huis clos parus en cette année de confinement. C’est aussi l’un des meilleurs. Gagnant de l’Oscar du meilleur acteur, Anthony Hopkins incarne un octogénaire en proie à des crises de démence, mais à son insu. Or, le film est raconté surtout de son point de vue, si bien qu’on vit le drame de l’intérieur. Ici, l’appartement qui se transforme subrepticement en lieu inconnu devient la métaphore de l’esprit défaillant du protagoniste. Dévastateur, et profondément émouvant. En salle et en VSD.

François Lévesque



«Solos»: confinée à jamais

Dans « Sasha », l’un des sept épisodes de la série d’anthologie Solos, Uzo Aduba semble incarner ce qu’aurait pu devenir Brooke. Confinée depuis 20 ans dans la demeure de ses rêves, une maison intelligente où elle n’a que pour seul partenaire Al, un assistant vocal, Sasha s’est tant habituée à la solitude qu’elle ne désire plus voir personne, pas même sa meilleure amie Nia (Sanaa Lathan). Pis encore, elle pense qu’Al lui ment lorsqu’il lui dit que la pandémie est depuis longtemps chose du passé. Sur Amazon Prime.

Manon Dumais


«The Resident»: enfin vaccinés

Contrairement à la 17e saison de Grey’s Anatomy, où la docteure Meredith Grey (Ellen Pompeo) a contracté la COVID-19, la quatrième saison du Résident se déroule dans un futur post-vaccination. Les créateurs craignant que les spectateurs en aient marre du sujet, ils ont préféré leur offrir ce qu’ils attendaient depuis longtemps : le mariage de Nic (Emily VanCamp) et Conrad (Matt Czuchry). Ce qui ne les a toutefois pas empêchés de saluer les travailleurs de la santé à travers quelques flash-back. Sur CTV, Série+ et Disney Plus.

Manon Dumais


«SNL»: sortir de sa coquille

À l’instar des fictions dramatiques, la 46e saison de l’émission de variétés Saturday Night Live, qui a multiplié les sketchs sur la pandémie, s’est inspirée de la crainte répandue du retour à la normale. Alors que « Boomers Got the Vax » met en scène des aînés célébrant la fin des contraintes sanitaires, dans « Post-COVID Dating » et « Post-Quarantine Conversation », les générations suivantes éprouvent quelques difficultés à draguer dans les bars ou à engager une simple conversation lors d’une fête. Sur Global.

Manon Dumais


«In Treatment»: craindre le déconfinement

Dans la quatrième saison d’En analyse, la docteure Brooke Lawrence (Uzo Aduba) reçoit ses patients en distanciel ou dans son opulente résidence de Los Angeles à deux mètres de distance. En apprenant que son confrère Paul Weston (Gabriel Byrne) parlera à la télé des effets à long terme de la pandémie sur la santé mentale, Brooke, récemment endeuillée, confie à son amie Rita (Liza Colón-Zayas) que, comme certains d’entre nous, le confinement lui plaît et qu’elle craint le retour à la normalité. Sur Crave/Super écran.

Manon Dumais


«The Good Doctor»: donner de l’espoir

Pour la quatrième saison du Bon docteur, les créateurs ont décidé de mettre en scène la pandémie dans un épisode présenté en deux parties, puis de faire un saut dans le temps pour offrir aux spectateurs un aperçu du monde postpandémique. De cette façon, le jeune chirurgien Shaun Murphy (Freddie Highmore), qui supervise des étudiants de première année, n’a pas besoin de porter le masque avec la directrice du département d’informatique de l’hôpital et nouvelle amoureuse, Lea Dilallo (Paige Spara). Sur CTV.

Manon Dumais


 

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